Proyecto fotografico personal en Marruecos (II). Farid

proyecto fotografico personal en Marruecos Rabat Nacho Bueno

-Traduction en français en dessous des photos en miniature-

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Esta publicación forma parte de un pequeño proyecto personal junto con otras dos entradas más en este blog. Es el reencuentro en Rabat con amigos marroquíes que hice en mis viajes de juventud, hace entre 15 y 18 años.

En un primer apartado hablo de mis inquietudes viajeras por entonces y del viaje que dio lugar a esta amistad en el 97. A continuación comento y muestro fotos de lo que ha sido ahora mi experiencia reciente con Farid y de cómo transcurre su vida en el Marruecos actual. En otras dos entradas en este blog hablo de mi encuentro con Amine(I) y con Karim(III).

Beni Oulid, 1997. En las montañas del Rif.

Esta parte es común a los tres artículos. Se puede leer en el primero de ellos, el de Amine, aquí.

Farid, Mayo de 2015

Farid trabaja para una archiconocida multinacional de ventas on-line en el servicio de atención al cliente, un tipo de trabajo similar al de muchos otros marroquíes que dominan el francés. Ese nivel lo llegan a tener, por cierto, la gente que ha ido a colegios privados o a la Universidad. La foto 7 muestra un explícito guiño al tema “conexión con occidente”. En cuanto a su situación familiar, Farid está separado y tiene una hija a la que apenas puede ver.

Estudiaba derecho cuando le conocí, pero tuvo que dejar la carrera para atender asuntos en su familia. Recuerdo que en el campo de trabajo de Beni Oulid me sorprendió cuando me dijo que leía poesía francesa del siglo XIX. La verdad es que es un tío leído, de conversación interesante. Aproveché para pedirle opinión de unas cuantas cosas, la situación actual en Marruecos (y la suya propia), la primavera árabe, el rey Mohamed VI. Resumiré diciendo que lo que dice me resulta sensato y realista, puede que algo pesimista. Tiene, diría yo, un punto anarquista, aunque se mostró contento de que en España prosperen organizaciones políticas con origen en el 15M. Precisamente hablaba con él el día anterior a las elecciones municipales del 24 de Mayo. Pero vamos, que está genial ver que conserva la chispa y el sentido del humor de cuando lo conocí hace 17 años, igual que Amine y Karim.

También le pregunté si conocía a alguien que se había aventurado en el mar hacia España. Me dijo que sí, que un familiar suyo en situación desesperada había conseguido llegar y pasar más tarde a Francia. Eso si, cuando habló con él tiempo después este le dijo que si hubiera sabido el miedo que iba a pasar no lo hubiera hecho. Me dió que pensar.

Farid solicitó hace unos años obtener un visado de turista para viajar a Francia. No le fue concedido tras varios intentos, aunque tuviera un trabajo estable. Le indigna el trato recibido entonces en el consulado, aunque Europa ya ha dejado de interesarle. Está harto de su trabajo, sentarse ante una pantalla de ordenador 9 o 10 horas al día en pésimas condiciones le consume. Se siente cada vez más metido en temas de proyectos sostenibles y autosuficientes y su firme idea es dejarlo todo, olvidarse de las tarjetas de crédito y viajar a Brasil para unirse a alguna comunidad de permacultura en la que trabaje unas horas por comida, alojamiento y vida en la naturaleza sin más exigencias ni comodidades.

Lo hará este mismo año si todo va bien, ya está en contacto con varias comunidades. ¡Suerte Farid, a por ello!

 

Cette publication fait partie, avec trois autres articles dans ce blog, d´un petit projet personnel. Il s´agit de retrouvailles à Rabat avec des amis marocains que j´avais connus lors de mes voyages de jeunesse dans ce pays à la fin des années 90.

Je parlerai d´abord du voyage qui a donné lieu à notre amitié en 1997 puis je parlerai des photos prises récemment avec Amine sur sa vie dans le Maroc actuel. Dans des autres articles, je fais de même avec Amine (I) et Karim (III).

Beni Oulid, 1997. Dans les montagnes du Rif.

Cette partie est commune a tous les trois articles. Vous pouvez lire dans le premier, celui de Amine, ici.

Farid, mai 2015

Farid travaille pour une multinationale archiconnue de ventes en ligne dans le service d´attention au client, un type de travail similaire à celui de nombreux autres marocains qui parlent le français. Ce niveau est par ailleurs accessible aux personnes qui sont allés dans des écoles privés ou à l´Université. La photo nº 7 est un clin d´œil à la question de la “connexion avec l´Occident”. Quant à sa situation familiale, Farid est séparé et il a une fille qu´il ne voit à peine.

Farid étudiait le droit quand je l´ai connu mais il du abandonner ses études pour s´occuper de sa famille. Je me souviens que lors du camp de travail de Beni Oulid il m´avait surpris quand il m´avait dit qu´il lisait de la poésie française du XIXème siècle. C´est une personne cultivée et dont la conversation est intéressante. J´ai profité du temps passé ensemble pour lui demander son opinion sur différents sujets d´actualité, la situation actuelle du Maroc (et la sienne), le « Printemps arabe », le Roi Mohamed VI. Je pourrais résumer en disant qu´il me semble toujours sensé et réaliste, peut-être un peu pessimiste. Il est aussi un peu anarchiste même s´il est content de voir qu´en Espagne prospèrent les organisations politiques nées du mouvement du “15M”. Concrètement, j´ai parlé de cela avec lui la veille des élections municipales espagnoles du 24 mai dernier. Dans tous les cas, je trouve super de voir que Farid conserve la même énergie et le même sens de l´humour qu´il y a 17 ans ; tout comme Amine et Karim.

Je lui ai aussi demandé si il avait connu quelqu´un qui s´était aventuré à traverser la mer Méditerranée vers l´Espagne. Il m´a répondu affirmativement; quelqu´un de sa famille en situation désespérée avait réussi cette traversé pour passer en France. Mais quand il a parlé avec cette personne, plus tard, elle lui dit que s´il avait su la peur qu´il allait vivre, elle ne l´aurait pas fait. Cela m´a fait réfléchir.

Il y a quelques années, Farid avait demandé un visa de touriste pour voyager en France. Il ne l´a pas obtenu malgré ses différentes demandes et bien qu´il ait un emploi stable. Il était indigné par la façon dont il avait été traité au consulat. L´Europe ne l´intéresse plus. Par ailleurs, il en a assez de son travail, d´être assis devant un écran d´ordinateur 9 ou 10 heures par jour dans de mauvaises conditions de travail. Il se sent de plus en plus attiré par des projets de développement durable et il est décidé à tout laisser tomber, à oublier ses cartes de crédit pour voyager au Brésil afin de s´unir a une communauté de permaculture où il travaillera quelques heures en échange de nourriture, de logement et d´une vie dans la nature, sans luxe et sans contraintes.

Il le fera cette année si tout va bien; il est déjà en contact avec différentes communautés…

¡Bonne chance Farid, vas-y!